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![]() Dossier de presse - Septembre 2004
La Bibliothèque Polonaise à Paris. Super comme jamais
Après quatre ans de travaux de rénovation, la Bibliothèque Polonaise de Paris a été réouverte au public. Fondée en 1838, la bibliothèque est une des plus importantes institutions culturelles polonaises à l’étranger. Elle est l’œuvre des sommités de la Grande Emigration, tels Adam Mickiewicz, Adam Czartoryski, Juliusz Slowacki et Zygmunt Krasinski, mais elle a également joué un rôle important dans les périodes suivantes de l’histoire polonaise. Après la deuxième guerre mondiale, elle a été pendant des décennies le château fort de ce que l’on appelle la Deuxième Grande Emigration : Jerzy Giedroyc et Kajetan Morawski ont lutté pour son indépendance, Czeslaw Milosz et Witold Gombrowicz y ont travaillé sur leurs livres. Depuis des années, le siège de la bibliothèque qui date du XVII-ème siècle, allait vers son déclin et les collections étaient en danger. Les travaux de rénovation entrepris avec l’argent de la Fondation émigrée Zygmunt Lubicz-Zaleski et celui du Sénat de la RP, en ont fait une des bibliothèques les plus modernes de Paris. On y trouve plus de 200 mille volumes dont des incunables, entre autres les trois premières éditions du « De revolutionibus… » de Copernic, d’importants documents de la I-ère République de Pologne, des manuscrits de Mickiewicz et d’autres romantiques. A l’occasion de sa réouverture, s’est tenue une rencontre scientifique consacrée à l’histoire de la bibliothèque, avec la participation du professeur Bronislaw Geremek et de la secrétaire perpétuelle de l’Académie Française, la professeur Hélène Carrère d’Encausse (ils co-président le Conseil Scientifique de la Bibliothèque Polonaise). Les manifestations inaugurales se termineront par la visite du président Aleksander Kwasniewski. Marek Rapacki, Paris, Gazeta Wyborcza mercredi 29 septembre 2004 La Saison polonaise en France, de mai à décembre, bat son plein en cette fin septembre, avec notamment la venue du plus fameux compositeur polonais Krzysztof Penderecki L'amour de la France et de la Pologne, on le sait, passe beaucoup par la musique, et s'il est un compositeur aimé du public francais, c'est bien le compositeur Krzysztof Penderecki, sans doute apprécié pour son coté très provocateur du point de vue esthétique. L'une de ses oeuvres les plus controversée, est très certainement sa septième symphonie qu’il dirigera lui-même lors de la création en 1997. La symphonie d'inspiration très sacrée, sous titrée "Les sept Portes de Jérusalem" sera jouée le 30 septembre à 20H au Théâtre des Arts de Rouen, un concert qui aura lieu dans le cadre du festival "Octobre en Normandie". A noter en outre un rendez vous parisien le 3 octobre à 16H à Paris au Théàtre Mogador. >>> abeilleinfo.com, mercredi 22 septembre 2004 Quatre Mousquetaires en France L’exposition « Les Trois Mousquetaires et… un quatrième » a été conçue par les Français : le critique littéraire et grand spécialiste de Gombrowicz, Jean-Pierre Salgas, et Blandine Chavanne, directrice du Musée des Beaux-Arts de Nancy. Tel est le principe de la Saison Polonaise en France : les hôtes choisissent dans le patrimoine culturel polonais des œuvres qui les intéressent et ils créent, avec notre coparticipation, une présentation pour leurs concitoyens. L’idée de Salgas réalisée avec la collaboration du Musée National de Cracovie, consiste à créer une image subjective de l’intelligentsia polonaise à travers une présentation multilatérale, enrichie d’un vaste fond de toile, de l’œuvre de nos grands artistes : Stanislaw Ignacy Witkiewicz, Bruno Schulz, Witold Gombrowicz et Tadeusz Kantor. Les trois premiers se connaissaient personnellement, le quatrième fut le plus grand continuateur de leur message. Ils furent témoins d’une époque de déséquilibre des valeurs, des totalitarismes, de la renaissance de l’Etat polonais et de la tragédie de la deuxième guerre mondiale. En réaction à l’invasion de la Pologne par deux puissances totalitaires le 17 septembre 1939, il y a 65 ans, Witkacy s’est suicidé ; Schulz qui portait, – conformément au décret des autorités d’occupation –, l’étole de David, a été assassiné en 1942 par un officier de la Gestapo ; Gombrowicz fut séparé du pays par la guerre et l’océan. Kantor en revanche, commença à l’époque, à travers l’activité dans un théâtre clandestin, son oeuvre connue aujourd’hui dans le monde entier. L’exposition montre comment ces artistes, – liés intimément à la « question polonaise », issus d’elle –, ont su relever nos expériences nationales et leurs propres expériences personnelles au rang d’expériences universelles. L’exposition montre aux Français l’activité de Witkacy en tant que philosophe, critique d’art, peintre, auteur théâtral et écrivain, homme envahi par l’élément grotesque, qui détestait la grandiloquence dans l’art. Parmi ses travaux, il y a son roman prophétique « L’Inassouvissement », mais aussi le dessin « Choromanski vomissant sur moi ». Schulz, connu en Occident quoique rarement associé à la Pologne, est montré ici comme écrivain et dessinateur, auteur de mondes visionnaires uniques dérivés de l’imagination, de la tradition et de l’expérience. L’exposition présente une part assez importante de ses propres illustrations de sa prose, notamment les dessins illustrant les nouvelles du tome « Le Sanatorium au croque-mort ». Il n’y a pas d’œuvres plastiques de Gombrowicz car ils n’en a pas créé, mais on y trouve les photographies de « La Classe morte », le célèbre spectacle de Tadeusz Kantor, qui n’aurait jamais été réalisé s’il n’y avait pas eu de la fameuse description de la leçon et de la classe dans « Ferdydurke ». C’est justement Gombrowicz qui a appelé Witkacy, Schulz et lui-même « les trois mousquetaires de l’avant-garde polonaise de l’entre-deux-guerres ». On peut voir « Les Trois mousquetaires et… un quatrième » au Musée des Beaux-Arts de Nancy jusqu’au 30 novembre. Marek Mikos, Gazeta Wyborcza, vendredi 10 septembre 2004 La forêt de Christ d'Antoni Rzasa (...) L'erreur serait de cataloguer Rzasa comme "artiste catho" les sbires de l'ex-régime polonais d'avant la chute du Mur le traitaient déjà de "faiseur de saints" même si certaines de ses oeuvres figurent en bonne place dans une église de Nowa Huta, le quartier ouvrier de Cracovie, foyer de l'agitation au temps de Solidarnosc. Antoni Rzasa est le contraire d'un cul-bénit et d'un sculpteur de bénitier. La figure du Christ est, pour lui, celle de la souffrance de l'homme poussée à l'extrême, de tous les hommes "foudroyés d'humanité", selon ses propres termes. Ces figures christiques (extraordinaire série des martyrs d'Auschwitz) apparurent quand, impuissant à enrayer la maladie de son maître, le professeur Antoni Kenar, il ne put faire que sculpter cette souffrance. Au demeurant, Rzasa associe l'homme qui souffre et l'arbre qui, lui aussi, souffre. "L'arbre qui grandit dans de mauvaises conditions, exposé au vent et à bien d'autres choses, est aussi tordu que l'homme qui lutte pour sa vie", disait-il. Un motif insistant, obsédant, irréductible. "Ce que je crains comme le feu dans mon travail, disait-il encore, c'est de tomber dans la manière, j'ai décidé de sculpter sans modèle, poussé par mon imagination, par l'inspiration, de faire chaque sculpture comme si c'était la première de ma vie." (...) >>> Jean-Pierre THIBAUDAT, Liberation, jeudi 2 septembre 2004 |