wersja polska

La passion vampirique et désespérée d'une mère pour son fils

"La Mère", pièce visionnaire du dramaturge polonais Witkiewicz.
"Sang-froid et démence" dira l'essayiste Jan Kott, du Polonais Witkiewicz (1885-1939). Les personnages de La Mère se fracassent entre ces deux extrêmes. Janine Laspik, alias L'Obrok (Hélène Alexandridis), est la mère avec un grand M, mère patrie et mère poule (dont le scénographe, Gérard Didier, fera descendre les pattes dorées, gigantesques, sur scène).

L'exclusive Janine vampirise Léon (Vincent Dissez), son prophète de fils "venu pour sauver le genre humain". Janine a la bouteille facile et la véhémence d'une aristo déclassée. Depuis trente ans, elle tricote du cordon pour le fiston, un informe lainage tiré des entrailles de la terre, façonnant un costume importable, celui de la "forme pure" revendiquée par Witkiewicz. >>>
Jean-Louis Perrier, Le Monde, samedi 22 mai 2004


Wojciech Has, créateur de mondes

Wojciech J. Has (1925-2000), cinéaste polonais un peu trop vite oublié, revient enfin. L’an dernier ressortait un de ses meilleurs films la Clepsydre, cette année la Cinémathèque lui consacre (du 4 au 23 mai) une rétrospective, et arrive en DVD son film sans doute le plus connu le Manuscrit trouvé à Saragosse d’après le roman de Jan Potocki (1761-1815), grand seigneur polonais, savant et homme politique qui écrivit au début du XIXe siècle, cet étrange roman à tiroirs situé en plein XVIIIe siècle dans une Espagne de légende où les histoires s’emboîtent les unes dans les autres. C’est avec ce film sans doute que Has fait preuve de sa plus haute maîtrise. >>>
La chronique cinéma d’Émile Breton, Libération, mercredi 19 mai 2004


Fertiles Terres étrangères

Théâtre. Le festival de Villeneuve-d'Ascq, qui s'achève cette semaine, a présenté «4.48 Psychose» mis en scène par Jarzyna.

Anciens assistants de Krystian Lupa, les metteurs en scène Grzegorz Jarzyna et Krzysztof Warlikowski ont ensuite développé un compagnonnage artistique, partageant outil de travail, acteurs et collaborateurs. En 2002, année où Warlikowski monta au Festival d'Avignon un inoubliable spectacle à partir de Purifiés, de Sarah Kane, Jarzyna mettait en scène à Varsovie 4.48 Psychose, autre texte de la dramaturge britannique.

Talent scénographique. C'est ce spectacle que le festival Terres étrangères, qui s'achève cette semaine, a invité pour deux jours dans la grande salle de la Rose des vents à Villeneuve-d'Ascq. 4.48 Psychose, révélé en France la saison dernière par la mise en scène de Claude Régy et l'interprétation d'Isabelle Huppert, est un compte à rebours, le récit de l'intérieur d'une dépression que rien, et surtout pas les doses massives de médicaments, ne peut enrayer. La mise en scène de Jarzyna profite du talent de la scénographe Malgorzata Szczesniak, qui était aussi de l'aventure de Purifiés selon Warlikowski. Le grand plateau nu ressemble à une coquille vide, à un no man's land dont les deux hémisphères sont séparés par une paroi translucide, les éléments réalistes ­ lavabos, WC ­ étant relégués au fond. Porté par une remarquable Magdalena Cielecka, dont l'engagement physique est d'autant plus total qu'il ne dérape jamais vers le surjeu, le spectacle affronte le texte de Sarah Kane en face ; et Jarzyna ne craint pas d'y faire apparaître, outre le docteur, les autres personnages ­ le copain, la copine, la petite fille, la mère ­ qui hantent ou accompagnent la traversée de l'enfer. Dont Jarzyna souligne la parenté avec la Passion (bras en croix et corps maculé de sang). Efficace et démonstratif, son spectacle impressionne, mais n'atteint pas l'ellipse et le mystère de celui de Warlikowski. (...)
René Solis, Liberation, mardi 18 mai 2004
www.larosedesvents-scenenationale.com


Le sarcasme et le désespoir

Etrange, méchante, violente pièce. D'ailleurs l'auteur ne la sous-titre-t-il pas «pièce répugnante – ou nauséabonde, selon les traductions – en deux actes et un épilogue» ? Dérangeante, éprouvante, terrible pièce que La Mère (1924) du Polonais Stanislaw Ignacy Witkiewicz. Mais pièce féroce et drôle qui arrache le rire, secoue les personnages comme le public en une houle qui se fracasse et éclate en pluie d'écume. Paquets de rire, comme paquets de mer. >>>
Armelle Héliot, Le Figaro, mercredi 12 mai 2004


"Alternatives théâtrales"

La dernière livraison d'Alternatives théâtrales est consacrée au renouveau de la scène polonaise depuis 1990. Trois études pointent la constance des motifs chez Krystian Lupa, éclairent son art de la condensation ou la manière dont il fait travailler le monologue intérieur des personnages par les acteurs. Anciens élèves du maître, les chefs de file de la nouvelle génération les plus connus à l'Ouest - les "parricides", selon la formule de Piotr Gruszczynski -, Krzysztof Warlikowski et Grzegorz Jarzyna, livrent quelques clefs de leur biographie artistique. Des critiques redessinent la carte théâtrale d'un pays dont la capitale n'est plus Cracovie et son Stary, mais se trouve éclatée dans de nouvelles villes (Wroclaw, Opole, Legnica, Walbrzych, Gdansk...), de nouveaux lieux, investis par des metteurs en scène et des auteurs encore à découvrir. Toutes contributions propres à éclairer la rencontre avec certaines de ces troupes à l'occasion de "Nova Polska, une saison polonaise en France".
Alternatives théâtrales, 44, rue d'Arenberg, boîte 27, B-1000, Bruxelles (Belgique), n° 81, 96 p., 16 €.
Le Monde, mercredi 12 mai 2004


A Saint-Denis, une tragi-comédie loufoque du Polonais Witkiewicz,
sur l'impossible inceste: "La Mère" de tous les vices


La Mère, pièce répugnante
en deux actes et un épilogue
de S. I. Witkiewicz, ms Marc Paquien

(...) Quoi qu'il en soit : l'inspiré traducteur Louis-Charles Sirjacq a su établir pour le non moins aguerri metteur en scène Marc Paquien, une nouvelle et très idoine version française de la «pièce répugnante en deux actes et un épilogue» (sic), intitulée "la Mère". OEuvre du théâtreux majeur polonais Stanislaw Ignacy Witkiewicz, qu'ont tant aimé les régisseurs Tadeusz Kantor et Kristian Lupa. S.I. Witkiewicz eut pour père un architecte, à la fois peintre et propriétaire terrien, assez désargenté. Elevé dans les montagnes des Tatras, à Zakopane, sans aller à l'école mais en suçant au biberon les versets shakespeariens, le surnommé Witkacy, féru de métaphysique, s'avéra tout du long convaincu de l'absurdité, de la férocité de la vie. Le passionnait la réalité de l'irrationnel >>>
Mathilde LA BARDONNIE, Libération, samedi 8 mai 2004


Saison Polonaise en France. Notre charge culturelle sur Lille

Aujourd’hui commence un week-end polonais à Lille. Dans les pubs, les parcs, au théâtre, sur les murs et à l’université.
Lille, Capitale Européenne de la Culture 2004, est une bonne adresse pour notre présentation. Une de ses "spécialités", est la capacité de créer la culture dans un espace postindustriel. Dans un tel espace et dans les rues, les parcs et les pubs se tiendra le week-end polonais.

L’Association "Laznia" de Cracovie fait venir de Kazimierz [un quartier de Cracovie, nk] trois spectacles mis en scène par Bartosz Szydlowski: "Wscieklizna" ["La Rage"] et "Pokolenie porno" ["Génération porno"] d’après les pièces de Pawel Jurek, ainsi que "Tatuaz" ["Le Tatouage"] d’après Dea Loher. La même "Laznia" invite à une fête de club, "Katharsis Party". On pourra entendre des DJ liés au quartier de Kazimierz et le groupe "Karpaty Magiczne" [ "Les Carpates Magiques"]. De samedi à dimanche, aura lieu une nuit techno préparée par des DJ et des VJ (artistes vidéo) polonais. Des groupes klezmers galiciens donneront un concert dans une autre partie de la ville.

Se présenteront à Lille le "Teatr 8 Dnia" ["Théâtre du 8e Jour"] de Poznan et "Akademia Ruchu" ["Académie du Mouvement"] de Varsovie, des troupes qui ont gagné de l’expérience en tournées dans toute l’Europe. Il y aura aussi "Ferdydurke" un spectacle mis en scène par Janusz Oprynski et Witold Mazurkiewicz, dans l’interprétation du Théâtre Provisorium de Lublin et de "Kompania Teatr" de Varsovie. A l’université, se tiendra une conférence internationale consacrée à Gombrowicz.

La présence de la culture polonaise dans la région du Nord-Pas-de-Calais ne se réduit pas au week-end prochain et à la seule ville de Lille. A Hénin-Beaumont, est en cours une Semaine Polonaise riche en événements (du 2 au 8 mai), à Lens aura lieu la semaine prochaine un Festival du Cinéma Polonais. Et ce n’est que le début de "Nova Polska" en France qui durera jusqu’en janvier.
Marek Mikos, Gazeta Wyborcza, , vendredi 7 mai 2004


La France nous apprécie

Les "saisons" culturelles étrangères organisées par la République Française ne sont pas une nouveauté. Mais, le fait que notre pays ait justement été choisi l’année de l’élargissement de l’UE, est significatif. La Pologne (l’Institut Adam Mickiewicz délégué par le MAE) a préparé en coopération avec la France la plus grande présentation de notre culture à l’étranger, intitulée "Nova Polska". Ce nom doit souligner le fait qu’après quinze années maigres durant lesquelles nous sommes passés de mode en France, sont créées au bord de la Seine les conditions d’une connaissance plus proche de ce pays, le plus grand parmi les nouveaux membres de l’UE.

Ce traitement sérieux de la Pologne et des Polonais est manifeste au plan officiel. La presse a noté que le nouveau ministre français de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, avait consacré à notre culture justement la plupart de son temps, le jour historique du 1er mai. D’abord, il s’était rendu au cimetière du Père-Lachaise où l’ambassade de Pologne avait organisé un rendez-vous et un concert pour violoncelle auprès de la tombe de Chopin. "Nous les Français, nous nous rendons compte à nouveau que Chopin – connu ici plutôt comme un citoyen du monde, actif à Paris – fut à ce point un patriote ardent. C’est un excellent symbole de la nouvelle alliance étroite de nos deux pays, voire plus largement – de la construction de la nouvelle Europe commune" a dit Donnedieu à "Gazeta".

Le même jour, le ministre français de la culture a organisé au Palais Royal une réception durant laquelle il a remis les prestigieux Ordres des Arts et des Lettres à deux artistes polonais – Magdalena Abakanowicz et Krzysztof Warlikowski. Abakanowicz a inauguré hier à la Salpêtrerie à Paris son exposition "Hurma" ["Foule"] constituée par un groupe de 250 personnages dépourvus de têtes, comme de la quatrième dimension parfois et pourtant individualisés. Une autre exposition d’Abakanowicz a aussi été ouverte hier à Colmar.

En ce moment Warlikowski est couvert de compliments par la presse française pour son "Dibouk" d’après Anski et Anna Krall, spectacle montré du 6 au 30 avril devant les salles combles des Bouffes du Nord. Warlikowski retournera en France au printemps pour une tournée avec son spectacle le plus célèbre, "Les Purifiés" d’après Sarah Kane. C’est, comme dans le cas du "Dibouk", une production du Théâtre Rozmaitosci.

Le président Jacques Chirac a rendu également des honneurs à la Pologne. Wladyslaw Langzam, imprimeur âgé de 87 ans, ami et collaborateur de "Kultura" de Paris et de Jerzy Giedroyc, qui dans les années 80 avait soutenu avec des donations l’activité éditoriale indépendante en Pologne, a été distingué par le président, la semaine dernière au Palais de la Légion d’Honneur, du plus haut grade de commandeur de la Légion.

En région, les manifestations sont aussi importantes que dans la capitale. Surtout à Lille, Capitale Européenne de la Culture 2004, où nous avons préparé une véritable invasion. Nous y serons présents partout: des murs (graffitis), en passant par les discothèques, les pubs, les clubs et les salles de concerts, à l’université (comme à Paris, se tiendra ici une grande conférence consacrée à Gombrowicz).


"Notatnik Teatralny" ["Carnet Théâtral"] de Wroclaw et la revue belge "Alternatives théâtrales" ont préparé à l’occasion de l’Année de la Culture Polonaise en France, un numéro commun entièrement consacré au nouveau théâtre polonais. Il comprend entre autres des portraits et des entretiens avec Krystian Lupa et avec Krzysztof Warlikowski, des textes sur les jeunes metteurs en scène polonais et sur la très récente dramaturgie. L’historien de théâtre et rédacteur Georges Banu a présenté la version française à Paris à l’occasion des représentations du "Dibouk" mis en scène par Warlikowski. Une version polonaise paraîtra en mai.
Marek Mikos, Gazeta Wyborcza, , mercredi 5 mai 2004


Pour « Gazeta », un propos d'Olivier Poivre d’Arvor, directeur de l’AFAA, institution (financée par le MAE français) qui s’occupe des contacts culturels de la France avec d’autres pays:

"Nous ne savions quasiment rien de ce qui se passait pendant ces dernières quinze années en Pologne. Il est curieux que nous nous soyons détournés de la Pologne au moment justement où elle s’est ouverte plus à l’Occident. Le programme actuel est consciemment éclectique. Les grands classiques mais aussi une "Nova Polska" – les jeunes metteurs en scène, musiciens, écrivains, DJ, artistes de la rue et des clubs. Avant que notre programme soit préparé, nos deux cent représentants – des galeries, des centres culturels, des festivals, des institutions non-gouvernementales – ont voyagé en Pologne. Des longues heures de négociations franco-polonaises ont donné comme fruit un programme adressé à un public très divers. Le plus important est que l’intérêt d’un Français ordinaire pour votre pays et pour votre culture augmentera grâce à "Nova Polska".

Je suis persuadé que déjà en 2005 et 2006, seront organisées de nombreuses expositions, seront entreprises de multiples actions artistiques communes franco-polonaises qui n’auraient peut-être jamais été organisées sans la charge d’énergie qu’est votre Saison 2004. La Saison Polonaise est un prétexte pour que nous puissions dire: nous connaissons trop peu de vous, et pour que vous preniez conscience de ce que vous voulez et pouvez faire chez nous."
Gazeta Wyborcza, , mercredi 5 mai 2004


Rétrospective : Les labyrinthes rêveurs de Wojciech Has

(...) Né en 1925 à Cracovie, Wojciech Has est devenu l'un des cinéastes qui comptent dans le carré d'as polonais d'après-guerre (avec Kawalerowicz, Munk, Wajda). Mais on ne lui connaît que ces deux adaptations, il est vrai mythiques : Le Manuscrit trouvé à Saragosse en 1964, La Clepsydre en 1973. La rétrospective que lui consacre la Cinémathèque vient donc combler une injustice. >>>
Jean-Luc Douin, Le Monde, mercredi 5 mai 2004


La Pologne – invitée à la Fête du Pain
13-16 mai 2004
parvis de l’hôtel de ville de Paris

La 9ème édition de la Fête du Pain visitée quotidiennement par 60 000 Parisiens et touristes accueillera cette année les meilleurs boulangers polonais de la Chambre Professionnelle des Artisans Boulangers Polonais et l’Association de la Foire Internationale du Pain invités par la Chambre Professionnelle des Artisans Boulangers-Pâtissiers. L’atelier de la fabrication et de la dégustation des produits polonais sera accompagné par une expositon préparée par l’Office National Polonais de Tourisme à Paris.>>>


Arkadiusz Czartoryski , membre du Directoire de la Région de Mazovie
Jean Charles Gillet, Fadila Ben Mesbah, Foire de Paris
Bartlomiej Walas, Directeur de l’Office National Polonais de Tourisme

Sont heureux de vous convier au Cocktail
à l’occasion de La saison culturelle polonaise en France
et du 100e anniversaire de la Foire de Paris,
Le Salon de l’Immobilier présente un manoir polonais en bois


Le Vendredi 7 Mai 2004, à partir de 18h30
A Paris Expo-Porte de Versailles, Terrasse T (en extérieur face au hall 1)

Ce manoir abrite trois expositions
- Le salon d’une demeure seigneuriale polonaise du XVIIIe siècle (mobilier, accessoires)
- L’exposition : « Patrimoine architectural de bois de Pologne » (photos, maquettes)
- L’atelier « De la plante au tissu » initiant au tissage du lin à l’ancienne

Le 7 et le 8 Mai à partir de 15h, un spectacle de danses traditionnelles « A la polonaise – voyage dans l’inconnu » sera produit et interprété par la troupe « Ardente Sole » de Cracovie.