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![]() Dossier de presse - Novembre 2004 Les limites de l’equivoque. Le public parisien a longuement applaudi "Jeux" mis en scène par Redbad Klynstra.
Quoique imparfait au niveau artistique, « Jeux » mis en scène par Redbad Klynstra du Théâtre Wspolczesny de Wroclaw et montré au Théâtre de la Cité Internationale à Paris, provoque une discussion importante sur les différences entre la loi et la justice, sur les limites de l’émancipation de mœurs et sur les pièges de la puberté. 11 garçons d’un kibboutz élitaire avaient violé leur copine dont le comportement équivoque suscita pourtant les doutes du procureur général d’Israël et l’affaire fut annulée. Suite aux protestations des organisations féminines, elle fut réexaminée et quatre jeunes garçons furent condamnés. L’événement a inspiré l’écrivain israélienne Edna Mazye qui a écrit une pièce sur le sujet, alors que les hôtes de la saison « Polska Nova » ont été intrigués par le fait que la mise en scène de Wroclaw attirât un public jeune, chose rare à Paris. Ils ont choisi comme lieu de la présentation la scène de la cité universitaire internationale. Peut-être se sont-ils également intéressés au sujet soulevé souvent par des organisations féministes : les comédiens qui jouent les violeurs mineurs interprètent aussi les rôles de leurs pères et de leurs avocats, ce qui vient souligner l’existence d’un assentiment tacite aux comportements sexuels non contrôlés des hommes. Mais c’est un thème parmi d’autres et le spectacle ne permet pas des jugements simplistes. En touchant au problème du harcèlement sexuel, il offre également une réflexion sur des situations dans lesquelles la femme « provoque » les hommes par son comportement. Dans « Jeux », elle dit carrément : « Si je le veux, je me donnerai à vous tous ». Il vaut pourtant la peine de prêter attention à un autre problème encore. Les événements se déroulent entre une fille de quatorze ans et des garçons à l’âge de la puberté. Leur innocence est violée tous les jours par les médias s’adressant aux jeunes qui prônent la liberté sexuelle. Dans le fond, apparaissent des problèmes familiaux et des difficultés dues au manque d’acceptation. C’est pourquoi la fille veut impressionner les copains par son comportement frivole, par sa danse et son vocabulaire. On voit une certaine maladresse dans les tentatives d’imiter les adultes, visible également chez les garçons. Considérés à part, chacun est un gosse gentil et sensible. Mais nous sommes en pleines vacances, par une chaude soirée, et la collectivité est régie avec ses propres règles. Les hormones sont à leur apogée et les événements échappent au contrôle. Tout n’est pas réussi dans le spectacle de Wroclaw. La pire scène est celle de l’ennui sur la plage, d’une dizaine de minutes, qui doit introduire les spectateurs dans l’état d’esprit des héros mineurs. Au théâtre, même quand il ne se passe rien, il faut savoir le montrer de manière intéressante. La DJ Patrisia du groupe Husky, debout sur la scène, le dos tourné au public, constituait peut-être un ornement à la mode, mais il aurait autant valu mixer de la musique au poste de l’ingénieur du son. Je ne suis pas sûr que la maladresse des comédiens lorsqu’ils dansent ou jouent au footbag, avait pour objectif de montrer l’immaturité des personnages, elle pouvait aussi résulter de leurs insuffisances de métier. Dorota Abbe était la meilleure, elle a su se transformer en un clin d’œil d’une fille perdue en une femme procureur sûre d’elle-même. Le plus important fut cependant le message traditionnel de cette pièce apparemment moderne, mise en scène par le comédien et metteur en scène du Théâtre TR Warszawa : la responsabilité pour les autres commence par une réflexion sur ce que nous faisons nous-mêmes. Autrement, la vie adulte peut ressembler au vieux disque rayé, mis par la DJ Patrisia, qui se coince dès le départ. Jacek Cieslak de Paris, Rzeczpospolita, mercredi 24 novembre 2004 Les Français ont montré que Rozewicz pouvait être leur auteur. La beauté de l'ennui. « Swiadkowie albo nasza mala stabilizacja » [« Les Témoins ou Notre petit équilibre »] de Tadeusz Rozewicz, mis en scène par Lukasz Kos au Théâtre Molière à Paris, nous convainc que des présentations comme « Nova Polska » non seulement montrent notre culture à l’étranger, mais aussi permettent de voir chez nos artistes ce que nous aurions pu laisser inaperçu. Le Théâtre Molière est situé à deux pas du Centre Pompidou. A l’élan industriel et au tape à l’oeil de l’art contemporain, il répond par une ambiance discrète et par le minimalisme de l’architecture japonaise qui vint remplacer le décor classique du XVIII-ème siècle. Un endroit idéal pour un théâtre où la primauté est donnée au comédien et au mot – à la poésie. Les artistes parisiens jouent ici le « Traité de théologie » de Czeslaw Milosz, avec l’accompagnement de l’accordéon. Ce mariage est peut-être surprenant pour nous, mais il montre bien la spécificité des saisons culturelles en France pendant lesquelles on voit naître un dialogue des nations, des cultures et des artistes : nous nous ouvrons les uns aux autres, nous apercevons ce que nous n’avons pas le temps de remarquer dans le quotidien. « Les Témoins » de Rozewicz en constituent le meilleur exemple. Les Français se sont intéressés au drame existentiel du « petit équilibre », présent dans son oeuvre et plutôt négligé en Pologne car qui aurait le temps, vu les transformations tumultueuses, de montrer l’ennui. En écoutant la poésie libre, interprétée de manière très belle par les comédiens français, il est facile de s’apaiser et d’oublier le cours orageux de l’histoire. Kos y a contribué en renonçant à la deuxième partie du drame où apparaissent les réminiscences de l’occupation. Une scénographie claire et nette, réduite à une construction cubique, modèle universel de l’appartement avec des chaises et un lit, crée une ambiance adéquate. Antonia Miklikova et Thibault de Montalembert se parlent, en toute tranquillité, de leurs petites affaires conjugales. Ils ne se regardent plus, ils ne se désirent plus : elle a sur les yeux des lingettes cosmétiques en guise de compresse, lui reste figé dans une sorte d’immobilité. La quintessence du banal quotidien ! Rozewicz y avait vu le thème d’un drame, probablement le plus grand possible, car tel est le contenu de la vie de la plupart des gens sur terre : les repas, l’hygiène intime, les mêmes affaires et les conversations. Plutôt que par le tumulte des médias, la grande politique ou les guerres menées à l’autre bout du monde, ils sont troublés par la clameur de la rue qui nous parvient aussi à travers la fenêtre du Théâtre Molière. Ce qui attire l’attention dans le spectacle parisien, c’est l’harmonie caractéristique pour la culture française. Le drame y est vécu, un sourire aux lèvres, dans le silence, avec une musique de fond d’orgues majestueuse. Pas de brutalismes, de stroboscopes, de techno allemands ou de remuement du couteau dans la plaie à la polonaise. Une expression excessive viendrait démentir l’élégance, tandis que le désespoir n’y peut rien changer de toute façon. Pour cette raison, le reproche que la femme fait à son mari sur le fait que jadis, quand ils étaient amoureux et jeunes, ils se parlaient avec passion jusqu’au petit matin, est comme une pause qui passe inaperçue. Dans le théâtre français, même l’ennui peut prendre une belle forme. Peut-être est-ce la stratégie pour la vie qui nous attend dans l’Union européenne. Pour le quotidien. Jacek Cieslak de Paris, Rzeczpospolita, mardi 23 novembre 2004 Paris prise? Samedi, a eu lieu à Paris au Théâtre Silvia Monfort, l’avant-première mondiale de l’opéra de Zygmunt Krauze, « Yvonne, princesse de Bourgogne ». Grzegorz Jarzyna a écrit le livret avec le compositeur. Paris est enchantée, mais est-elle prise ? La Saison Polonaise « Nova Polska » en France va bientôt finir. Ca a commencé fort. En mai, le jour de l’adhésion de la Pologne à l’UE, avec les présentations de « Dybbouk » mis en scène par Krzysztof Warlikowski qui séjournait alors à Paris, invité par Peter Brook. Maintenant, la finale est renforcée par le festival « le Mois du Théâtre Polonais à Paris » (du 2 novembre au 19 décembre). Et très bien ! car le théâtre polonais maintient une position forte en Europe et il peut certainement surprendre les Français. Dans les stations du métro, on trouve des affiches avec des poèmes polonais, par exemple un poème de Szymborska et un autre de Biernat de Lublin, mis ensemble. Il y a donc des chances pour que la Saison organisée par l’Institut Adam Mickiewicz, élargisse les connaissances des Français sur la culture polonaise. Et cette mission n’est pas facile, car la France est un marché difficile. Les divulgateurs des arts plastiques polonais ont déjà pu le constater. C’est plus facile pour le théâtre. Puisque Krystian Lupa visite Paris régulièrement depuis des années et qu’il a ici une position très forte. Quant à Warlikowski et Jarzyna, grâce aux invitations du festival d’Avignon et aux succès qu’ils y ont remportés, ils sont devenus eux aussi reconnaissables. Le programme du Mois du Théâtre Polonais a été conçu par les responsables de plusieurs théâtres parisiens, qui ont cherché eux-mêmes, lors de leurs voyages en Pologne, des spectacles intéressants. Ont été invités à Paris : Studium Teatralne de Piotr Borowski, actif à Varsovie dans le quartier de Praga, avec les spectacles « Czlowiek » [« Un Homme »] et « Parsifal » ; le Théâtre Dramatyczny de Walbrzych avec « Kopalnia » [« La Mine »] de Michal Walczak, mis en scène par Piotr Kruszczynski ; le Théâtre Wspolczesny de Wroclaw avec « Gry » [ « Jeux »] mis en scène par Redbad Klynstra. Krystian Lupa montrera à l’Odéon « Rodzenstwo » [« Déjeuner chez Wittgenstein »] du Théâtre Stary de Cracovie. Tous les spectacles que l’on a fait venir de Pologne sont joués plusieurs fois et accompagnés d’une traduction. En complément, ont été également créés des spectacles français sur des textes dramatiques polonais : « Yvonne, princesse de Bourgogne », de Gombrowicz, « La quatrième sœur » de Glowacki, « Traité de théologie » de Milosz. Une collaboration théâtrale approfondie a également eu lieu : Lukasz Kos a mis en scène « Swiadkowie albo nasza mala stabilizacja » [« Les Témoins ou Notre petit équilibre »] de Rozewicz, avec des comédiens français. J’ai vu ce modeste spectacle. Il est joué comme un texte de Beckett, dans un espace rouge, par trois comédiens vêtus de noir. Il faut admettre que l’élément de la conversation typique du théâtre français l’a emporté sur l’action scénique, mais le texte de Rozewicz s’est fait entendre d’une manière excellente et contemporaine. On n’a pas non plus oublié à Paris la dramaturgie polonaise contemporaine. Lors d’une session de deux jours, « Co tam, panie, w polskim teatrze ? » [« Hé bien, monsieur, quoi de neuf dans le théâtre polonais ? »], ont été lus six pièces de : Bizio, Glowacki, Kajak, Koterski, Villqist et Walczak. Or, l’événement spécial ce fut, le 20 novembre, l’avant-première mondiale de l’opéra de Zygmunt Krauze, « Yvonne, princesse de Bourgogne » (commandé par les autorités de Varsovie à l’occasion du centenaire de Gombrowicz). La première de la version intégrale aura lieu à Varsovie en 2005. Les solistes polonais étaient accompagnés par l’Orchestre Polonais de la Radio sous la direction d’Andrzej Straszynski, la comédienne Dominika Kluzniak interprétait le rôle d’Yvonne (sa partie est non-chantée, mais elle n’est en fait pas parlée non plus), en entrant dans un dialogue charnel intéressant avec d’autres solistes. L’opéra contemporain d’après Gombrowicz s’est avéré être une nouvelle possibilité, non prévue jusqu’alors, pour le texte du drame et pour son fonctionnement futur. Le livret en quatre actes, est en réalité un raccourci adroit de la pièce. Or, ce qui est excitant dans l’affaire ce n’est pas le fait que Gombrowicz ait pris une valeur musicale ou que son drame ait bien fonctionné dans le genre opéra. Cet opéra ouvre un champ complètement nouveau de recherches interprétatives et de mise en scène. L’opéra est favorable à Gombrowicz, il ritualise la forme de manière absolument naturelle, en conduisant la lutte avec elle sur le terrain nouveau de la musique. La ritualisation est la plus grande découverte théâtrale de l’opéra faite sur Gombrowicz. L’irréalité et l’extrême enfermement du théâtre d’opéra dans les conventions élèvent le processus de mise à mort d’Yvonne à l’aide des carassins pleins d’arêtes, à un niveau nouveau. L’appel au secours de la Reine – chanté tranquillement et sans hâte, en accord avec le rythme de la musique et pas avec la logique des événements, à un pas d’Yvonne agonisante – montre que l’opéra peut être un milieu tout à fait naturel pour ce texte. Paris prise ? La France conquise ? On ne le sait pas encore. Si la passion était décisive, la réponse pourrait être affirmative. Mais il n’en est pas ainsi. La promotion de la culture est une mission compliquée et avant tout coûteuse. Nous n’avons pas de quoi financer l’emplacement des affiches de « Nova Polska » théâtrale dans toute la ville de Paris. Nous n’avons pas les moyens financiers d’entourer toute la ville de la bande blanc-rouge, la même qui sert à border les endroits dangereux et qui est devenue le signe brillant du Mois du Théâtre Polonais. Réussirons-nous à conquérir Paris, sans argent pour la promotion ? Comme toujours, on peut dire que l’argent ce n’est pas tout. Pour l’instant, les billets pour « Déjeuner chez Wittgenstein » se sont très rapidement vendus et en ce moment, on recherche hystériquement un moyen de voir le spectacle. C’est de bon augure. Mais on ne remporte pas un tel succès grâce à une seule saison culturelle, ne serait-ce la plus spectaculaire. La question de savoir comment nous avons l’intention de continuer la conquête de Paris, est toujours actuelle. Nous ne devons certainement pas couper court à ce processus à peine commencé. Piotr Gruszczynski, Gazeta Wyborcza, lundi 22 novembre 2004 Herbert à Paris A l’occasion de la Saison Polonaise en France, l’œuvre de Zbigniew Herbert a été incorporée cette année scolaire dans le programme des lycées français. Comme point culminant des événements herbertiens a été prévue, les 26 et 27 novembre, une conférence internationale. Y participeront entre autres : Jacek Lukasiewicz, Marta Wyka, Zdzislaw Najder, Alfred Sproede et Luigi Marinelli. A Paris viendra également Katarzyna Herbert , la femme du poète. Gazeta Wyborcza, vendredi 19 novembre 2004 Pas seulement Chopin "Les Enfants de Chopin", c’est ainsi qu’a été annoncé par un journal français le week-end [du 12 au 14 novembre] avec la musique polonaise qui s’est terminé dimanche dernier à Paris. Un cycle de six concerts, dont un de jazz, organisé au siège de Radio France dans le cadre de la saison culturelle "Nova Polska", a dépassé le cadre de la musique de Frédéric Chopin et montré des visages différents de compositeurs polonais. Une idée honorable, surtout que sans Chopin, sans Szymanowski et dernièrement sans Penderecki, la présence de la culture musicale polonaise au bord de la Seine serait pratiquement invisible. Nous sommes loin des Hongrois qui se promeuvent excellemment (la première du nouvel opéra d’Eötvös aura lieu dans quelques jours à Paris) ou des Tchèques (une "invasion" des opéra de Dvorak et de Janacek). En organisant le week-end polonais ("Figures polonaises"), Radio France a invité les artistes célèbres en France ou qui y vivent et y donnent des concerts. D’où les récitals de la claveciniste Elzbieta Chojnacka (avec de la musique contemporaine) et du pianiste Janusz Olejniczak (il a enregistré pour la maison française « Opus 111 », il a interprété le rôle de Chopin dans "La Note bleue" de Zulawski), le concert de Dorota Anderszewska (maître des concerts de l’Orchestre National de Bordeaux) ou de l’ensemble "Arte de Suonatori" dont le disque avec la musique de Vivaldi a obtenu l’année dernière les meilleures notes des magazines musicaux français. Qu’est-ce que les Français retiendront de ces trois journées ? Beaucoup, car mis à part le récital trop court de Chojnacka, tous les concerts ont maintenu un haut niveau. Ils se sont tenus chaque fois devant une salle comble (la Salle Olivier Messiaen peut contenir environ 900 personnes). Le Concerto pour violon de Karlowicz, interprété par Dorota Anderszewska, a été accueilli par des ovations. Bien que l’interprétation a commencé modestement, elle a finalement fait une très forte impression. Un grand mérite va à l’Orchestre Philharmonique de Radio France qui a également joué en rappel ce soir là, "Le Serment", un épisode lyrique d’Aleksander Tansman (un compositeur polonais qui vécut pendant des années à Paris). Le public s’est enthousiasmé de notre ensemble baroque "Arte de Suonatori" qui a terminé à Paris, avec Martin Gester (clavecin, direction) et Alexis Kossenko (flûte), sa première tournée importante en France. Les interprétations du Concerto polonais en sol majeur de Telemann et du Concerto, en ré mineur, pour flûte de Carl Philippe Emanuel Bach, étaient passionnantes. Excellentes étaient également les interprétations du Quatuor de Lutoslawski et du Quintette de Zarebski par le Quatuor Slaski avec Janusz Olejniczak. Le pianiste a enchanté les Parisiens avec son récital constitué d’œuvres de Chopin, Szymanowski, Szeligowski et Szpilman (bien que ce n’ait pas été son meilleur concert et que l’artiste devrait oublier le plus vite possible son interprétation de la Sonate en si bémol mineur de Chopin). En général, on peut compter parmi les réussites ce marathon de concerts polonais à Radio France. Mais est-ce que la musique de Karlowicz, de Zarebski, de Szymanowski et de Lutoslawski entrera pour de bon dans le répertoire des artistes français ? Continuera-t-elle à être jouée après la clôture de la saison polonaise ? Et nos artistes seront-ils plus souvent accueillis en France ? Nous pourrons en juger bientôt. Jacek Hawryluk, Gazeta Wyborcza, jeudi 18 novembre 2004 Michalowski, obsédé par les chevaux de Géricault Piotr Michalowski est un cas très particulier dans l'histoire de la peinture : celui d'une greffe qui, déplacée très loin de ses origines, se développe, seule, dans un écart complet. Michalowski naît à Cracovie en 1800. Tout le destine à une vie aimable de propriétaire fortuné. Il s'intéresse à l'art militaire et aux mines. Il peint un peu, en dilettante. Vient l'insurrection polonaise de 1830 contre les Russes : il dirige la production d'armes et de munitions pour les insurgés. Deux ans plus tard, il est un émigré politique à Paris. C'est alors qu'il décide de devenir vraiment peintre. Il apprend chez Charlet, ancien ami de Géricault, au Louvre et dans les Salons. Il apprend si bien qu'il devient en peu de temps spécialiste des sujets équestres : il y aurait consacré plus d'un millier de dessins et d'aquarelles. (...) Ses portraits sont des hommages aux études de maniaques de Géricault. Ses chevaux ressemblent à ceux que le même Géricault observait à Paris et à Londres - mais avec moins de vigueur dans le trait. Il y a plus singulier encore : Michalowski reprend à son compte la légende napoléonienne, par sympathie politique et par souci de commémoration nationale. Il consacre plusieurs tableaux au combat de Somosierra, parce que, ce jour-là, dans la sierra de Guadarrama, un escadron de chevau-légers polonais charge pour ouvrir la route de Madrid aux forces impériales - charge meurtrière. De ce motif, il tire des effets tourbillonnants de bêtes et de fumées. Géricault, encore Géricault. >>> Philippe Dagen, Le Monde, mardi 16 novembre 2004 Le goût prononcé pour les symboles des peintres polonais Il y a cent ans, la Pologne n'existait pas, partagée entre les empires austro-hongrois, allemand et russe. Mais l'art polonais existait, à Varsovie, à Cracovie, dans de plus petites villes. Il existait d'une manière indiscutable et peu définissable pour autant : il appartenait, pour l'essentiel, au mouvement du symbolisme international et n'en était pas pour autant une version nationale caractérisée. Dans le titre apparemment simple de l'exposition - "Le symbolisme polonais" - aucun des deux termes ne va donc de soi. Entre le symbolisme d'un Böcklin, d'un Moreau, d'un Klinger ou d'un Rops et celui de Weiss, d'Homolacs ou de Wojtkiewicz, s'il y a des rapports, ils sont souvent lointains et vagues. Et, entre ces trois peintres eux-mêmes, et d'autres encore, Malczewski ou Mehoffer, les connivences ne sont pas plus certaines. Ils n'appartiennent ni aux mêmes générations ni aux mêmes milieux. Leurs sujets et leurs styles sont divers. Ils n'ont en commun que la langue et le fait d'appartenir à une nation en exil. Dans son accrochage, l'exposition du Musée des beaux-arts de Rennes témoigne comme malgré elle de cette situation. Dans les premières salles, elle s'efforce de procéder à des regroupements par thèmes : paysage, nuit et portrait. Mais, déjà, il saute aux yeux que ces bonnes intentions didactiques seront vaincues. Les catégories craquent et perdent vite toute efficacité d'analyse... >>> Philippe Dagen, Le Monde, mardi 16 novembre 2004 Le symbolisme polonais L’exposition qui vient de s’ouvrir au Musée des Beaux-Arts de Rennes est non seulement l’une des plus belles offertes au public en 2004 mais probablement aussi la manifestation artistique majeure de la saison polonaise (Nova Polska) en France ; si l’on doit s’en féliciter par ce qu’elle révèle de la vitalité et du courage des musées de province, on peut aussi en être surpris. A l’exception de l’exposition Mehoffer au Musée d’Orsay, intéressante mais modeste, les grands établissements parisiens n’ont, une fois de plus, pas été en mesure d’organiser un événement novateur significatif sur le plan scientifique consacré à l’art étranger ; la plupart des expositions d’art non français à Paris sont en effet des reprises clefs en main, et souvent avec une transposition scénographique désinvolte (le cas désastreux de Böcklin au Musée d’Orsay en 2001), d’événements produits hors de nos frontières sans intervention d’historiens français. Il est vrai que les conservateurs parisiens se voient contraints à des tâches administratives écrasantes et qu’ils répugnent néanmoins à faire appel aux chercheurs et spécialistes extérieurs à l’institution. Francis Ribemont, directeur du Musée de Rennes et son homologue de Poznan ne semblent pas souffrir de ce genre de blocage et c’est donc une collaboration exemplaire et une équipe scientifique bilatérale de haut niveau (alliant musées et universités, en particulier Rennes II) qui ont présidé à l’organisation de cette présentation passionnante. >>> ©La Tribune de l'Art Bellotto, "photographe" de Varsovie Des églises, des rues, des palais, des maisons aristocratiques, des colonnes, des champs et la Vistule qui longe les plus somptueuses façades de la ville. En vingt-deux tableaux, venus du Château royal de Varsovie, l'exposition "Bernardo Bellotto - Tableaux du Château royal de Varsovie", fait plus que nous montrer de la belle architecture : elle nous offre un véritable album de photographies de la capitale polonaise au XVIIIe siècle. "Il n'y a pas tellement de villes dont on dispose de portraits fiables au XVIIIe siècle, explique Stéphane Loire, conservateur et commissaire de l'expo sition, sauf Dresde, Munich et Varsovie, toutes trois peintes par Bellotto. C'est ce qui confère son intérêt à cette exposition, cet aspect témoignage qui fut largement exploité lors de la reconstruction de la capitale polonaise, après la dernière guerre mondiale." (...) >>> Anne-Marie Romero, Le Figaro, lundi 12 novembre 2004 France Culture à l'heure de la Pologne du 8 au 15 novembre France Culture sera du 8 au 15 novembre à l'heure de la Pologne à l'occasion d'une série d'émissions consacrées à ce pays qui vient d'adhérer à l'Union européenne et auquel la France a consacré une saison culturelle "Nova Polska" qui s'achève. Au cours de cette série, la chaine fera entendre la voix de l'écrivain et poète Milosz, Prix Nobel de littérature 1980, qui est mort l'été dernier et qui avait été enregistré en 2003 (le 8 de 21H à 22H). On lira aussi de cet intellectuel, les reflexions métaphysiques de son "Traité de théologie" (le 13 de 23H à 24H). >>> © AFP Coup d'envoi de la quinzaine polonaise Mardi soir, l'association l'Arbre à Plumes a donné le coup d'envoi de la semaine culturelle dédiée à la Pologne. C'est autour de leur président Stéphane Labeyrie et de Margaret Gouillon que les membres se sont retrouvés pour inaugurer cette manifestation qui, vu sa diversité, ne manquera pas d'attirer un large public. Grâce à un travail d'équipe avec l'ARCE (Association pour le rapprochement des Cultures d'Europe) située à Chambéry, l'Arbre à Plumes a pu ainsi s'alléger d'une logistique importante et profiter du programme de la Nova Polska (programme culturel polonais). Le programme a débuté le 3 novembre, à la bibliothèque de Saint-Rémy, avec une belle exposition d'affiches de différents créateurs polonais, accompagnée d'explications sur l'histoire de l'art pictural polonais, né de bouleversements sociopolitiques et dont l'influence se ressent aujourd'hui dans la création internationale. Vendredi 5 novembre, de 15 à 17 heures, l'écrivain polonais Edmond Sezlong, rendra visite à des collégiens, puis à 20 heures 30 au Rétro, il racontera l'histoire de l'immigration de sa famille sur le sol français au travers de deux livres « Ozarow, les racines polonaises » et « Les Polonais en France ». Samedi 6 novembre, Edmond Szelong dédicacera ses livres à la Mandragore, rue des Tonneliers à Chalon et répondra à toutes les questions du public en présence des Éditions Noir sur Blanc. Mercredi 10 novembre à 18 heures à l'Argentic, place de la Mairie à Chalon, vernissage de l'exposition d'affiches de Stasys Eidrigevicius, de renommée internationale. Des affiches de Stasys, provenant d'une collection particulière, seront également présentées à la boutique Milou Tractou, à Chagny (face à l'hôpital). Le vernissage aura lieu le vendredi 12 novembre, à 18 heures, en présence de l'écrivain Magdalena Tulli qui retrouvera le public à 20 heures 30 au Rétro. Magdalena Tulli dédicacera ses livres le samedi 13 novembre, à 15 heures à la Mandragore. Jeudi 11 novembre à 19 heures 30, une soirée cinéma aura lieu à la Bobine, avec la projection d'un film réalisé par les élèves de l'école de cinéma de Lodz, en Pologne, suivi d'un débat en présence de Maria Winkler, présidente de l'ARCE. La clôture de cette quinzaine dédiée à la culture polonaise se terminera le 13 novembre à 18 heures au Rétro. L'association l'Arbre à Plumes invite le public et particulièrement tous les Polonais ou d'origine polonaise à partager ses instants de convivialité et de richesse culturelle. Réservation tél. 03.85.48.01.90 A. T. © Copyright Le Journal de Saône et Loire |