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![]() Dossier de presse - Juillet 2004
Varsovie, l'autre insurrection
Il y eut, en avril 1943, cette insurrection glorieuse et désespérée, celle du ghetto de Varsovie, ce haut fait d'armes aux dimensions métaphysiques, qui vit une poignée de Juifs tenir tête jusqu'à la mort aux nazis. Il y eut également, du 1er août au 2 octobre 1944, les régiments de l'Armée de l'intérieur, la résistance polonaise, forte de 250 000 combattants qui se battirent pour libérer la capitale martyrisée. «Ce fut aussi une grande bataille», rappelle Joanna Bojarska, commissaire d'une exposition installée juqu'à l'automne prochain à l'Hôtel de Sully, annexe du Musée du Jeu de paume. (...) On y voit par exemple, les clichés saisissants – et sauvés in extremis – du légendaire Eugeniusz Lokajski, ancien athlète des JO de Berlin, dont on découvrit le cadavre sous les décombres en mai 1945. Les autres documents ici présentés, sont souvent d'une grande qualité, les photos entre autres de Sylwester Braun (1909-1996), l'un des plus célèbres des photo-reporters de l'Insurrection de Varsovie. Une émotion historique bien sûr. Artistique aussi, même si ce n'était pas l'intention, même si, quoi qu'en ait dit Apollinaire pendant le conflit précédent, la guerre ne saurait être jolie. Hervé de Saint Hilaire, Le Figaro, samedi 31 juillet, L'art polonais, entre tragédies et espoir. L'exposition «Fin des temps ! L'histoire n'est plus» évoque les artistes d'un pays en proie aux convulsions du XXe siècle Montrer l'évolution de l'art de la Pologne au cours du XXe siècle, c'est mettre en évidence les interdépendances culturelles et l'errance perpétuelle des artistes. Cette histoire tragique, intimement liée à celle du pays, est retracée à l'Hôtel des arts, à Toulon, en ce moment. (...) "La plupart [des artistes au début de XXe siècle] étaient partagés entre un art à vocation universelle, marqué par les utopies et par la foi dans un ordre fondé sur la construction et la rationalité, et un art expressionniste caractérisé par le repli de l'individu dans sa sphère la plus intime, en butte à ses souffrances et au caractère tragique de l'existence", explique Andrzej Turowski, commissaire de l'exposition. "Fin des temps ! L'histoire n'est plus" figure parmi les grandes manifestations organisées cette année en France à l'occasion de la saison polonaise Nova Polska. Le siècle avait commencé dans l'optimisme quand, dans les années 1910-1920, le goût de l'exotisme poussa Witkiewicz, peintre moderniste, pionnier de l'avant-garde polonaise des années 20, et son ami Malinowski, à entreprendre leur «voyage vers les Tropiques», au départ de Toulon pour la Nouvelle-Guinée. Fixer les frontières géographiques et stylistiques de l'art polonais des vingt premières années du siècle est difficile. Les artistes, à la recherche de la modernité, se rencontrent dans toute l'Europe. «Les différents courants de l'expressionnisme s'y croisaient, explique Andrzej Turowski. Ceux qui s'opposaient à l'ancienne société et ceux qui peignaient le monde dans des teintes fauves. Le futurisme, le dadaïsme et le cubisme cohabitaient. Le côté décoratif du folklore polonais rivalisait avec l'approche féerique et religieuse issue de la tradition juive. L'art de cette époque était créé par des artistes transfrontaliers.» Parmi eux Biegas, Czyzewski, Kubicki et Malevitch, dont on oublie souvent qu'il était de parents polonais. En Pologne, comme dans toute l'Europe centrale, les processus de modernisation étaient intimement liés à l'histoire des villes. Les travaux de Strzeminski, de Podsadecki et de Schulz, traitent notamment des obsessions urbaines contemporaines : érotisme, banditisme, chômage. Le mythe de la ville se cristallise autour de Paris, centre culturel des échanges internationaux. Deux artistes sont issus de l'«esprit nouveau» parisien : Nicz-Borowiak, cofondatrice du constructivisme, et Wlodarski, moderniste qui fit ses études parisiennes dans l'atelier de Fernand Léger. La crise sociale des années 30, puis la Seconde Guerre mondiale reposent la question de la forme de l'art moderne. Pour cette période, Andrzej Turowski a choisi d'exposer les paysages «après-vues» de Strzeminski et les dessins surréels de Kujawski. Une partie de l'exposition est vouée aux «compositions blanches», trait d'union entre les années 10 et 80 du XXe siècle. Celles de Malevitch lui permettaient de rompre avec la représentation imitative du monde. «J'ai percé l'abat-jour bleu des contraintes de la couleur, écrivait-il. (...) Lancez-vous ! Le gouffre blanc et libre, l'infini est devant vous.» Avec son Tableau blanc, Opalka préfigure sa propre mort, car «cesser de voir c'est concrétiser le temps dont la visualisation est une illusion éternelle». La guerre et l'Holocauste ont retenti dans certaines oeuvres créées après la Libération, comme chez Strzeminski, qui a réalisé des collages à l'encre de Chine, avec des photographies tragiques du ghetto de Varsovie. Le problème de la mémoire est apparu dans les années 70. Il est illustré ici par le travail de Kantor dans La Classe morte. «L'artiste évoque une histoire qui n'existe plus», souligne Andrzej Turowski. Mais les oeuvres artistiques, tant qu'elles sont données à voir, ne meurent jamais. L'exposition fait de Toulon le précieux et éphémère écrin de cette immortalité-là. Sophie Latil de Toulon, Le Figaro, samedi 24 juillet 2004 "L'Etrange Jardin", tableau inattendu du banal Mehoffer A Paris, le Musée d'Orsay consacre une exposition à ce peintre polonais né en 1869. Un seul tableau peut-il sauver une œuvre qui, sans lui, serait d'un mince intérêt ? La question se pose à propos de Jozef Mehoffer, peintre polonais. Il naît à Lvov en 1869, étudie son art à Cracovie et, comme la plupart des artistes du temps, vient à Paris. Il y reste de 1891 à 1895, le temps de s'initier au postimpressionnisme et au symbolisme. il apprend l'existence de Gauguin, qui se trouve pour l'heure à Tahiti. Cet épisode a été tenu pour important par des biographes soucieux d'établir que Mehoffer a été proche des avant-gardes. Cette thèse paraît trop généreuse sitôt que l'on se trouve face aux cartons des vitraux que Mehoffer a conçus pour des cathédrales, de Cracovie à Fribourg. (...) Le dessin est banal, la couleur craintive. Elle l'est un peu moins dans les portraits, généralement féminins, définis par des poses à la Carolus-Duran et des harmonies à la Vuillard. On ne s'y arrêterait guère si le plus intense (c'est-à-dire aussi le plus cruel) n'était consacré à l'épouse de l'artiste. De profil, sur un fond jaune, elle parade, le menton et le nez pointus, la plume au chapeau, l'air arrogant et légèrement pervers. Or c'est elle aussi l'héroïne du tableau qui a fait figurer Mehoffer dans les histoires du symbolisme, L'Etrange Jardin, de 1902-1903. Vêtue de bleu, elle sourit d'un drôle d'air, dans l'ombre d'un arbre surchargé de fruits - des pommes sans doute. Au premier plan, en pleine lumière, nu, leur fils brandit deux tiges de roses trémières. Une bonne en rouge et blanc est au fond. Mais le plus étrange n'est pas dans la nudité du garçon, ni dans la pose de la femme. Une double guirlande de fleurs ondule comme un long serpent entre les branches et, au centre de la toile, une énorme libellule s'envole. Son envergure n'est pas loin du mètre et ses ailes sont de peinture dorée avec des nervures noires. Les yeux - bleu et violet - sont énormes, la queue annelée interminable. (...) Sans cet insecte, la toile intriguerait déjà. Avec lui, elle se prête à toutes les hypothèses. Est-ce une scène de bonheur champêtre ? Un mauvais rêve ? Pourquoi un si vaste format (plus de deux mètres de large) et une telle abondance de détails ? La libellule est-elle le double symbolique de la femme ? On aimerait alors savoir pourquoi Mehoffer en a fait un dragon ailé... On aimerait aussi savoir pourquoi, dans Les Zinnias, il a introduit un nu de son épouse de telle manière qu'il paraît secondaire par rapport aux énormes fleurs rouges jetées sur un drap rouge. A défaut de s'interroger sur le peintre, on pourrait ainsi s'interroger indiscrètement sur l'homme. Mais les éléments manquent pour répondre et ce ne sont pas ses vitraux qui aident dans cette enquête. Reste ce constat : une seule fois, Mehoffer a oublié sa bonne éducation et c'est assurément ce qu'il a fait de mieux. Philippe Dagen, Le Monde, samedi 17 juillet 2004 Potocki retrouvé en France Deux cent ans après la naissance du chef-d’œuvre de Jan Potocki, pour la première fois le texte original du « Manuscrit trouvé à Saragosse » sera publié. La première biographie scientifique de Jan Potocki, qui va bientôt paraître en France (Flammarion), et une édition critique de ses œuvres en cinq volumes, publiée en même temps en Belgique (Peeters) sont l’œuvre des professeurs François Rosset de Lausanne en Suisse et Dominique Triaire de Montpellier en France. Il n’y a là rien d’étrange: l’auteur du « Manuscrit trouvé à Saragosse » a écrit en français. Potocki est un auteur apprécié dans le monde, mais aussi négligé. Quand il s’est suicidé, ses proches ont préféré l’oublier. On n’a pas pris soin des documents sur sa vie ni de ses manuscrits disséminés depuis deux siècles dans des archives de l’Europe. Les passages de certaines œuvres n’existent pas en original, mais en copie seulement. « Le Manuscrit trouvé à Saragosse » a connu le même sort: les éditeurs français et avec eux tous les autres, se sont servis jusqu’à présent d’une « copie » qui s’avère aujourd’hui être une réécriture de l’original poussée loin par le traducteur polonais. (…) « Il y en a eu trois versions » dit Rosset. « La première – complètement préliminaire et abandonnée. La deuxième – inachevée, Potocki l’a écrite en 1804, mais il a ensuite changé de conception et il en a écrit en 1810 une troisième, complète. En 1847, le traducteur polonais Edmund Chojecki a compilé ces deux versions, en ajoutant aux 45 chapitres de la deuxième version la fin de la troisième et en refaisant un peu l’ensemble pour que « ça marche ». Ainsi est né « Le Manuscrit trouvé à Saragosse » que nous connaissons, plus long de cinq chapitres que la troisième version de Potocki qui a enfermé son roman en 61 chapitres. Cette « réécriture du traducteur » nous était jusqu’à présent connue comme original. Les motifs de modifications de Chojecki nous ne sont pas connues. « Peut-être ne disposait-il pas de la totalité de la troisième version ou bien, avait-il regretté que l’auteur y avait complètement renoncé à la structure baroque folle du récit enchâssé où tous les trames s’engrènent et se croisent. En revanche, Potocki avait donné dans la version finale une histoire linéaire. Il avait enlevé également le thème du Juif Eternel Errant, tandis que le traducteur l’a restitué au même titre que la composition du roman en labyrinthe. « Il est peut-être bon que le traducteur ait eu il y a 150 ans un regret pour la deuxième version folle du ‘Manuscrit…’ » se demande Rosset. « S’il n’avait gardé que cette dernière version retouchée, nous n’aurions sûrement pas tant aimé Potocki ». Marek Mikos, Gazeta Wyborcza, , mercredi 7 juillet 2004 L'art de la modernité polonaise à Toulon: à la recherche de l'étranger Cette exposition présentera au spectateur français l’art polonais du XX siècle à travers ses phénomènes les plus intéressants: de Strzeminski et Witkacy à Roman Opalka et Krzysztof Wodiczka. « Fin des temps ! – l’histoire n'est plus », cette citation de Cyprian Kamil Norwid est le thème de l’exposition de l’art polonais du XX siècle, inaugurée récemment au Centre Méditerranéen d’Art de l’« Hôtel des Arts » à Toulon en France. Andrzej Turowski, grand historien d’art polonais qui vit et enseigne en France, en est l’auteur. L’exposition se tient dans le cadre de la saison polonaise en France « Nova Polska 2004 ». (...) Elle s’ouvre sur la présentation de l’art des artistes comme Jankiel Adler, Tytus Czyzewski, Louis Marcoussis, Henryk Berlewi qui ont participé, au début du XX siècle, à l’avant-garde européenne, en voyageant entre Lodz, Cracovie, Berlin et Paris. Elle montre la peinture des disciples de Fernand Léger de l’Académie Moderne de Paris – Marek Wlodarski (Henryk Streng) et Maria Nicz-Borowiakowa. L’exposition met l’accent principal sur l’art des géants de l’avant-garde polonaise rassemblés dans la salle intitulée « Blanc sur blanc »; ce sont des œuvres de Wladyslaw Strzeminski et Katarzyna Kobro juxtaposées aux dessins suprématistes de Kazimir Malevitch. D’une part, l’exposition rappelle les origines polonaises de Malevitch et de l’autre, elle montre que notre art de la première moitié du XX siècle est internationale, puisant dans de multiples sources culturelles, franchissant des barrières nationales et géographiques, ne se réduisant ni aux seuls artistes de nationalité polonaise ni aux seuls problèmes polonais. Cela changera ensuite. Selon Turowski, l’Holocauste a marqué la rupture de cette pluriculturalité. L’exposition se termine sur les œuvres d’artistes polonais, qui règlent les comptes avec l’histoire: les collages du cycle « Aux Juifs, Mes Amis » de Wladyslaw Strzeminski, ainsi que les dessins et les sculptures de « La Classe Morte » de Tadeusz Kantor. « L’exposition montre sous un nouveau jour l’évolution des tendances artistiques du début jusqu’à la fin du XX siècle » dit Andrzej Turowski. « L’histoire de l’identité inachevée et discontinue de l’artiste polonais. Le modernisme est pour moi une époque de recherche par l’artiste d’une nouvelle identité, à travers la rencontre avec l’étranger, le différent. Pour cette raison, j’ai pris comme point de départ de l’exposition le voyage de Bronislaw Malinowski et de Witkacy à Ceylan. J’étais en train de préparer l’exposition lorsque j’ai réalisé que le 11 juin 1914, ils s’étaient embarqués sur un bateau justement à Toulon » dit Turowski. Dorota Jarecka, Gazeta Wyborcza, , lundi 5 juillet 2004 L'été des artistes à Paris Les Polonais montrent cet été trois importantes expositions dans les galeries les plus prestigieuses de Paris. Le Centre Georges Pompidou a inauguré hier l’exposition intitulée "Parcours polonais". (…) Dans le célèbre Musée d’Orsay à Paris, est présentée en ce moment une exposition monographique d’un des plus grands artistes de la "Jeune Pologne", Jozef Mehoffer. Ont été rassemblés ses portraits, ses vitraux, ses projets et ses tableaux (entre autres: "Cynie" ["Zinnias"], "Dziwny ogrod" ["L’Etrange Jardin"] et "Plac Pigalle w Paryzu" ["Place Pigalle à Paris"]). C’est la première exposition de cet artiste en France; on n’avait vu de lui jusqu’à présent que "L’Etrange Jardin" à l’occasion de l’exposition collective "Symbolisme en Europe". La présente exposition préparée par le Musée National de Cracovie sera ouverte jusqu’au 13 septembre. A la Galerie Le Plateau est ouverte (jusqu’au 29 août) l’exposition d’artistes polonais contemporains "Distances". L’exposition s’ouvre sur les travaux d’Andrzej Wroblewski. Il y a aussi des œuvres entre autres de Jaroslaw Modzelewski, Dominik Lejman, Marcin Maciejowski et Agata Bogacka. Léon Tarasewicz et Monika Sosnowska ont préparé leurs installations spécialement pour cette exposition; la seconde artiste connue en France, représente la jeune génération d’artistes polonais, elle est lauréate du prix Balois Art. Le Centre d’Art Contemporain – Zamek Ujazdowski a montré en retour à Varsovie une exposition analogue de l’art français le plus récent. Toutes ces expositions d’été à Paris rappellent notre place dans la vie artistique de l’Europe et les liens proches de l’art polonais avec la culture de la France. La Saison Polonaise organisée par l’Institut Polonais Adam Mickiewicz à Varsovie, l’AFAA et les ministères de la culture et des affaires étrangères des deux pays, qui a commencé début mai, offre l’occasion d’une activité aussi vaste. MM, Gazeta Wyborcza, le 1er juillet 2004 Kieslowski en Festival Aujourd’hui commence à Paris, avec la première française du documentaire "Fahrenheit 9/11" de Michael Moore, le 2e Festival des Films "PARIS-Cinéma" qui durera jusqu’au 13 juillet. Une rétrospective des documentaires de Krzysztof Kieslowski préparée à l’occasion de la Saison Culturelle "Nova Polska" en France, sera une des ses attractions principales. Dans deux programmes seront présentés en somme ses 13 courts-métrages, entre autres "Z punktu widzenia nocnego portiera" ["Le Point de vue du portier de nuit"], "Gadajace glowy" ["Têtes parlantes"], "Z miasta Lodzi" ["L’Usine"]. Les projections accompagnées de rencontres avec le public se tiendront les 5, 6 et 8 juillet, au cinéma Arlequin. L’opérateur Witold Stok qui avait commencé sa carrière professionnelle en travaillant avec Krzysztof Kieslowski, a annoncé sa présence. Grzegorz Dobiecki, Rzeczpospolita, le 1er juillet 2004 |