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![]() Science "Revisiter Grotowski" Colloque international Paris, Amphithéâtre Guizot, en Sorbonne le 5 juin 2004 de 10h00 à 19h00 Journée d'études consacrée à Jerzy Grotowski et son théâtre "Laboratoire", avec la participation de Georges Banu, Monique Borie, Ludwik Flaszen, Stanislaw Krotowski, Zbigniew Osinski, Carla Pollastrelli et Krzysztof Rutkowski.
Le colloque sera suivi de la projection d'un documentaire sur Jerzy Grotowski et son théâtre "Laboratoire". Jerzy Grotowski Né à Rzeszów, dans l’est de la Pologne, devenu très vite orphelin de père durant la Seconde Guerre mondiale, Jerzy Grotowski s’installe avec sa mère et son frère à Cracovie, en 1950. Il y entre à l’École Nationale de théâtre, poursuit sa formation à Moscou auprès de disciples de Stanislavski, puis voyage en Asie centrale. À son retour en 1959, il devient dans la petite ville d’Opole (près de Wrocław) le metteur en scène du Théâtre des 13-Rangs fondé par l’écrivain Ludwik Flaszen. Là, avec une poignée d’acteurs pour la plupart rejetés des conservatoires nationaux, dont le mythique Ryszard Cieślak, il fonde en 1962 le “Théâtre Laboratoire” et entame une recherche qui le mène vers une poétique théâtrale pauvre et confidentielle, sans décor ni costume, presque clandestine car peu appréciée du régime communiste. Au cours de spectacles où les rares spectateurs sont conviés à investir l’espace scénique en même temps que les acteurs, Grotowski cherche à porter ces derniers vers une sincérité absolue que le public reçoit de plein fouet : “La représentation engage une sorte de lutte psychique avec le spectateur”, écrit-il en 1966, elle “ne peut être efficace que si elle repose sur [...] une forme d’amour”. Ainsi naissent Kordian (1962) d’après Juliusz Słowacki, Doctor Faustus (1963) d’après Goethe, Akropolis (1965) d’après Stanisław Wyspiański, Le Prince Constant (1965) d’après Calderon, Apocalypsis cum figuris (1968) d’après la Bible et T. S. Eliot. Et c’est tout. Car, à partir de 1969 et déjà de nombreuses tournées effectuées à l’étranger, Grotowski considère qu’il n’a plus rien à prouver sur scène. Avec l’appui de l’Unesco, il se lance dans un projet ambitieux intitulé “Théâtre des Sources”. Pour lui, il s’agit de relier un patrimoine ethnologique mondial en voie de disparition avec des sociétés modernes guettées par l’oubli. Grotowski part en Inde, en Chine, en Haïti, à Bali, en Colombie, à Taiwan... Chaque fois, il revient transformé, y compris physiquement, sa silhouette devenant tantôt maigre, tantôt obèse, son regard bleu perçant masqué ou non par d’épaisses lunettes noires. Devenu théoricien, il propose dans ses écrits de développer des structures de danse et de chant qui favorisent la greffe d’anciens savoirs du corps et de l’âme sur des jeunes gens issus de grandes villes modernes. Après l’État de siège décrété en 1981, Grotowski est contraint de s’exiler. Le monde entier le demande. Il choisit les États-Unis, enseignant à partir de 1983 en Californie, puis l’Italie, fondant un “Work center” avec Thomas Richards dans la ville toscane de Pontedera en 1986. Mais la France, qui lui offre la nationalité, est tout aussi importante dans sa fin de parcours. À partir de 1997, il est nommé professeur au Collège de France, qui crée pour lui une chaire d’anthropologie théâtrale. Sa leçon inaugurale, accueillie par Peter Brook au Théâtre des Bouffes-du-Nord, reste un moment inoubliable. La maladie interrompt toutefois le second cycle de ses conférences, l’emportant le 14 janvier 1999 au milieu des siens, à Pontedera. Lire la biograpie plus complète de Jerzy Grotowski en anglais. Amphithéâtre Guizot, en Sorbonne, au 17, rue de la Sorbonne, 75005 Paris. Entrée libre |